SaintéLyon 3 et 4 décembre 2016

Publié le par domrobhub

Tout d’abord, un grand merci à vous tou(te)s qui nous avez adressé des sms et mails d’encouragement avant, pendant et après notre sortie nocturne, ainsi qu’à Michel pour le volet « com ».

Petit retour en arrière : « Bon, ça va, on l'a fait une fois, mais je pense que je recommencerai pas... »

C'est à peu près sur ces paroles que Véronique concluait l'édition 2015 de la Saintélyon, il y a donc un an, lors de notre retour à Bourg... Verdict sans appel, tel un « 49.3 » qu'un certain ministre a utilisé  il n'y a pas si longtemps...

La raison féminine, certes tenace, est capable d'évoluer, et même dans le bon sens… pensais-je sur le moment...

L'avenir allait me donner raison : ce printemps, à peine remise de ses émotions et des conséquences de sa chute à skis, et apprenant que les inscriptions pour l'édition 2016 étaient ouvertes, Véronique avait de nouveau cédé à l'appel des grands espaces et de la randonnée nocturne.

 

Et c'est ainsi que ce samedi 3 décembre, à 23 heures, nous nous sommes retrouvés presque perdus au milieu de 3000 participants sur la ligne de départ de la Saintexpress, pour rallier Lyon après périple de 44 km. Bonne représentation de la RSCB cette année puisque Yolande (accompagnée d’une amie marcheuse) avait décidé de partager cette aventure avec nous. Météo « clémente », du moins en comparaison avec certaines éditions précédentes et compte tenu des conditions hivernales, mais avec un thermomètre qui n'arrivait pas, ou ne voulait pas franchir la barre du 0°.

 

Prenez du plaisir, profitez des paysages, respectez la nature et prenez soin de vous...

C'est sur ces mots d'encouragement, renouvelés d’année en année, que nous sommes partis à 23 h 30, après 2 premières vagues de 1000 concurrents espacées de 15 mn.

En attendant le départ, l’inclinaison du long ruban lumineux constitué par les lampes frontales des coureurs que l'on voyait scintiller dans la nuit claire ne nous laissait aucun doute : il allait falloir déjà commencer par une côte... Ca commence bien ! La manière la plus optimiste, ou plutôt la plus simpliste pour évaluer le dénivelé consiste à se dire que si Ste Catherine se trouve à une altitude d'environ 700 m et Lyon environ 160, ça descend sur environ 540 m...

Erreur, grave erreur, car c'est oublier les côtes et descentes qui jalonnent le tracé, ce qui se traduit au final par un dénivelé positif d'environ 1000 m et négatif de 1500. Mais ça, on le savait avant de partir.

Après un 1er tronçon de 11 km et un passage devant le panneau nous indiquant qu’il restait encore 40 km, arrivée au 1er ravitaillement (uniquement du liquide) de St Genou ; pas d’arrêt, juste pour avaler une boisson, attraper une banane échappée d’un carton et nouveau départ pour Soucieu, distant de 12 km et point stratégique car correspondant à la moitié du parcours. Nous trouvons quelques traces de verglas sur le bord des chemins exposés sur les crêtes, ce qui nous contraint à marcher sur l'herbe des talus. A mi-chemin de ce 2nd tronçon, les 1ers coureurs partis de St Etienne commencent déjà à nous doubler. Impressionnant de voir la facilité apparente avec laquelle les côtes et obstacles sont franchis…  Il est un peu plus de 4 heures, et les 1ers coqs commencent à sortir de sous la couette pour nous faire croire qu’ils sont les premiers à se lever...  Quelle imposture !

Après une énième descente, les lumières du village nous annoncent l’arrivée prochaine à Soucieu. Cette fois, on a droit à un vrai ravitaillement : boissons chaudes et froides, et de quoi calmer une faim qui commençait à se faire sentir durement. Comme l’an dernier, nous avons décidé de limiter au maximum les temps d’arrêt aux points de ravitaillement, non pas pour soigner notre moyenne, mais pour éviter que les quelques minutes de repos ne nous rendent le départ plus difficile.

A ce point de l’épreuve ce sont déjà 23 km qui ont été parcourus, soit un peu plus de la moitié ; manière positive d’envisager  la suite des événements : il vaut mieux se dire qu’on en a fait la moitié, plutôt que de de penser qu’il en reste autant…. En route pour l’avant dernier tronçon, le plus court (10 km) et le moins accidenté (dénivelé 140 + et 220 -). Les jambes commencent  se faire lourdes, mais le rythme ne faiblit pas. A peine sorti du village, on passe devant le panneau qui nous indique la distance restante, soit 20 km. Chaque km compte double : à la fois il nous éloigne de notre point de départ, et il nous rapproche de l’arrivée (restons encore positifs). Les premières lueurs du jour apparaissent, le paysage change : la campagne disparait petit à petit pour laisser la place à des zones plus peuplées, signe qu’on se rapproche encore plus du but.

Chaponost ! Dernier ravito avant l’arrivée qui signifiera la fin de notre virée nocturne. On prend des forces nécessaires pour finir en forme, surtout ne pas oublier de boire, même si le besoin ne s’en fait pas sentir. Ce dernier tronçon comprend une difficulté majeure, et d’autant plus ardue qu’elle intervient au bout de 35 km et près de 8 heures de marche : la maléfique et redoutable côte de Beaunant, celle qui monte pendant plus de 2 km avec des pentes de 18 %. Mais une fois en haut, que du bonheur : le jour est maintenant levé et l’agglomération lyonnaise sort de la brume et commence à baigner dans le soleil. Un passage dans le parc de Ste Foy, et les 200 marches du chemin du Grapillon (en descente cette fois) finissent de nous achever. Mais le musée des Confluences est en vue et, derrière, la Halle Tony Garnier nous attend tous bras ouverts. Nous avons droit à de nombreux témoignages d’encouragement de la part du public regroupé le long des derniers km, ce qui nous donne le ressort de franchir la ligne d’arrivée à 9 h 28 après 10 h 05 de marche, soit dans les délais que nous nous étions plus ou moins fixés (10 heures, contre 10 h 26 l’an dernier).

Epreuve il est vrai fatigante, d’autant que les chaussures semblent avoir pris du poids d’une année sur l’autre, mais quel plaisir, et même quelle fierté d’avoir vaincu la fatigue et les difficultés et vécu ces instants inoubliables.

Comme l’an dernier, le ressenti « à chaud » une fois franchie la ligne d’arrivée peut laisser penser qu’une nouvelle participation en 2017 n’est pas encore acquise ;  mais au moment voulu, les choix peuvent changer, on l’a vu… D’autre part, les recrutements opérés par la RSCB au cours de ces 2 dernières années permettent de penser que la relève sera brillamment assurée. Quant à moi, en nettoyant mes chaussures de rando en ce début de semaine, je me suis aperçu que les semelles étaient encore en bon état , ce qui permettrait de prendre une nouvelle fois le départ… Qui sait ?

 

Véronique, Yolande et Bernard

 

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